19/04/18

Autoconsommation photovoltaïque, en savoir plus !

Guide pédagogique et interview d'APEM ENERGIE

En mars et en avril 2018, deux ateliers sur l’ autoconsommation photovoltaïque étaient organisés par le cluster Eco-Energies et ENERPLAN. Dans une démarche de partages de connaisances, APEM ENERGIE, présent lors d’un atelier, souhaite avec le cluster, proposer un contenu plus approfondi pour en savoir plus sur l’autoconsommation.

 

L’autoconsommation photovoltaïque : analyses préliminaires du consommateur

 

L’augmentation du prix de l’électricité, les motivations écologiques visant à luter contre le réchauffement climatique, la diminution des coûts d’investissement poussent de plus en plus de consommateurs à vouloir équiper leur maison, leur entreprise, leur hangar agricole, pour passer en autoconsommation photovoltaïque.

Certain profil de consommation sont parfaitement adaptés à l’ autoconsomation photovoltaïque, d’autres le sont moins. Ils ne permettent pas de consommer une partie suffisante de la production solaire pour rentabiliser l’investissement.

À cet égard, l’autoconsommateur idéal consommerait de l’énergie le jour et peu la nuit, tous les jours de la semaine même le dimanche, 12 mois par an sans prendre de congés !

C’est pourquoi, la réalisation d’une analyse des habitudes de consommation est d’usage avant de lancer tout nouveau projet.
Du reste, elle se base sur une étude des factures du fournisseur d’énergie, des relevés de consommations, d’un entretien d’un responsable du lieu de vie/de travail à équiper. Cela permet de connaitre ses projets à court et moyen termes, ses marges d’adaptations, ses motivations, sa capacité d’investissement, etc.

Il convient de réaliser une pré-visite technique pour étudier les contraintes naturelles, vérifier la qualité « solaire » du site et les surfaces disponibles.

En dernier lieu, un fois le profil du futur autoconsommateur cerné, le choix de l’équipement photovoltaïque peut être fait.

 

Choisir l’équipement photovoltaïque adapté au consommateur

 

Suivant le profil défini s’ouvrent plusieurs axes de réflexion :

  • En premier lieu, peut-on consommer toute la production ou presque ? Vaut-il mieux prévoir la revente du surplus ?
  • Ensuite, quelle est la puissance optimale de la centrale ? (en fonction des besoins, des contraintes techniques et d’espace, des contraintes financières…)
  • Enfin, un recours à une solution de stockage a-t-il un intérêt économique ?
  • Par ailleurs, est-il nécessaire de prévoir une solution évolutive ?

Il faut prendre en compte les résultats des outils de dimensionnement et de prédiction, les outils d’analyse technico économiques. La maitrise du contexte règlementaire et technologique est aussi indispensable.

De plus, le choix de la solution technique conditionne la suite du projet : son coût, les délais de sa réalisation, les démarches à accomplir, la durée et les conditions du retour sur investissement.

 

La mise en œuvre du projet d’installation photovoltaïque

 

Une fois le marché signé, un grand nombre d’étapes restent à franchir.

Dans un premier temps, il faut obtenir tous les accords nécessaires et vérifier les conditions du raccordement au réseau, si un raccordement est prévu : La demande de l’accord d’urbanisme, et la demande de raccordement auprès du gestionnaire de réseau si nécessaire.

Aussi, il convient de valider la faisabilité technique du chantier dans le détail :

  • Le bâtiment ou la structure support est-il suffisamment dimensionné pour recevoir l’installation ?
  • L’installation électrique intérieure existante est-elle conforme à la norme ?

En conclusion, le chantier peut être opéré une fois tous ces questionnements sont levés.

Suivant la nécessité de raccordement au réseau, le déroulement du chantier doit être coordonné avec les travaux de raccordement réalisés par Enedis ou le gestionnaire du réseau public concerné.

Dans certains cas, l’obtention d’un certificat Consuel doit être préalable à la mise sous tension.

La livraison et la mise en service de l’installation ponctuent le projet.

 

Le cluster Eco-Energies interview

Interviewé par le Cluster, APEM ENERGIE explique les missions du bureau d’études pour des projets en autoconsommation photovoltaïque et définit les termes d’autoconsommation collective.

 

Quel est le rôle d’un bureau d’étude spécialisé pour la mise en œuvre d’un projet PV en autoconsommation ?

Le choix d’un projet en autoconsommation dépend de nombreux critères aussi bien techniques, que technologiques, financiers ou règlementaires. Les motivations du porteur de projet, ses perspectives d’avenir sont à prendre en compte.

Un BE dispose de ces savoir-faire. S’il y a un doute sur la tenue d’une structure il sait conseiller à son client de faire faire une étude de charge : nous avons rencontré plusieurs installations déjà réalisées sur des toitures anciennes incapables de supporter le poids du champ PV. Le problème : une fois que le chantier est réalisé il est trop tard pour réagir.
Une grosse partie de l’investissement se perd. Les conséquences sont importantes sur les assurances du poseur, pour l’exploitant de la centrale. Les problèmes liés à la responsabilité ne doivent pas être négligés. 

Afin d’effectuer les calculs prévisionnels des consommations et des productions solaires, il faut être dotés d’outils de prédictions et de simulations. Par ailleurs, l’analyse du contexte règlementaire et administratif est également importante.

 

Avez-vous des missions imprévues ?

Nous terminons actuellement un projet en autoconsommation photovoltaïque avec revente de surplus de 45 kWc pour une PME industrielle avec un client installateur couvreur de la région orléanaise. Depuis quelques années il se lance dans la pose de centrales solaires en plus de son activité de couverture classique. Au moment de prévoir la mise en service, il s’est cassé le nez sur le dossier Consuel… C’est d’une technicité spécifique, différente de celle de l’électricité générale. Nous avons repris sa demande Consuel afin de l’aider à rédiger un dossier technique conforme et obtenir le certificat sans perdre de temps.

                                

Comment et pourquoi APEM Energie accompagne les porteurs de projets ?

APEM Energie peut intervenir en qualité d’assistant à la maitrise d’ouvrage pour : 

  • Un porteur de projet
  • Un installateur pour traiter directement avec le client final

Nous avons fait mettre en service au mois de février une centrale de 99kWc en revente de surplus pour une industrie forte consommatrice.

En arrivant sur le projet, le choix de la nature de l’exploitation et le dimensionnement étaient faits. Le projet devait être lancé « physiquement ». Nous accompagnons le client sur les étapes « matérielles » du projet :

  • Dans un premier temps, obtenir des accords
  • Puis effectuer la demande de raccordement, et le suivi contractuel des conventions avec ENEDIS
  • Rédiger ensuite les plans d’exécution, et les schémas électriques
  • Confectionner le DOE et le DIUO de la centrale
  • Pour finir, coordonner la mise en service

Mais nous sommes sollicité pour d’autres missions :

  • Mettre au point, monter et déposer une candidature à un appel d’offre de la CRE ou d’une entité territoriale
  • Assister et conseiller les maitres d’ouvrages jusqu’à la mise en service de leur installation
  • Assister et conseiller les collectivités territoriales, les Mairies, nous les aidons à réfléchir et à murir leur projet. Ensuite à rédiger le cahier des charges de la consultation préalable au marché public, lorsqu’elles sont prêtes à se lancer
  • Accompagner des artisans installateurs en rédigeant des dossiers évaluant la faisabilité des projets

 

Pourquoi devons-nous désormais parler d’ autoconsommation photovoltaïque collective ?

Auparavant chacun raisonnait dans son coin. Certains acteurs se trouvaient automatiquement exclus. Les propriétaires de logements en immeubles en copropriété, sont très nombreux en France; Mais comment pouvaient-ils imaginer recourir un jour aux énergies renouvelables ? Aujourd’hui de nouvelles solutions voient le jour.

C’est un véritable progrès car les énergies renouvelables sont des énergies de proximité et leur implantation peut se faire partout et à l’échelle locale.

D’autres types de consommateurs, auparavant exclus en autoconsommation photovoltaïque sont tous les profils inadéquats. Par exemple une activité professionnelle ou scolaire consommatrice en semaine mais jamais le week-end ni pendant les vacances (surtout d’été). De tels profils génèrent beaucoup de pertes et dégradent le taux d’autoconsommation.
Mais si vous leur ajoutez les profils de tous les individus qui travaillent dans ces locaux, s’ils vivent à proximité, ils consommeront à titre privé lorsqu’ils arrêteront de consommer sur leur lieu de travail. Les profils vont se compenser et générer un nouveau profil idéal.
Ainsi, nous pouvons envisager la création d’un projet d’autoconsommation collective.

A l’heure qu’il est, nous rencontrons de plus en plus de projets d’autoconso collectiveCeux que nous croisons sont encore au stade de la réflexion mais nous sommes aux débuts et les 1ers exemples de réalisations réussies créeront des émules !

 

 

Crédits photos : APEM ENERGIE

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